Séminaire de l’Atelier 5 – ” Des récits et des images pour saisir les mondes ruraux d’aujourd’hui et de demain” avec Ines CRETI (Doctorante LETG/Ladyss), Edwige MARTY (Post-doctorante Belmont Forum CCH-Ladyss) et Anne SOURDRIL (Chargée de recherche CNRS, Ladyss)

Mardi 7 avril 2026 de 10h00 à 12h30, (lieu précisé ultérieurement)

Séance qui s’organisera en quatre temps :

  1. Quels récits du futur des agriculteurs brétiliens ? Approche ethnographique des stratégies d’adaptation – Ines CRETI (Doctorante en géographie à l’université Rennes 2, UMR LETG, UMR Ladyss)

Les modèles agricoles bretons sont au cœur de changements globaux qu’ils produisent (érosion de la biodiversité, changements climatiques, dépendance économique et technologique) et subissent tout à la fois (perte de fertilité des sols, vulnérabilité face aux marchés mondiaux, baisse de la population agricole). La crise de l’Anthropocène rend ainsi nécessaire une réflexion sur la recomposition de nos modèles agricoles et renforce l’importance d’anticiper les changements à venir. Pour autant, les démarches prospectives sont souvent cadrées par des dispositifs d’expertise qui privilégient des futurs normatifs et prescriptifs. Ces logiques descendantes sont souvent vécues en décalage avec les réalités locales des premiers concernés car ne rendent pas compte de la diversité des trajectoires, des valeurs et des aspirations locales. La réussite des transitions agroécologiques et la construction de futurs souhaitables reposent alors sur des démarches prospectives situées et plurielles qui prennent en compte les éléments socioculturels locaux (valeurs professionnelles, attachements au vivant, normes sociales). Comment les agriculteurs brétiliens anticipent un futur incertain à partir de perceptions locales de changements ? Les stratégies d’adaptation des agriculteurs face aux changements socio-environnementaux ont pu être mises en évidence grâce à une approche ethnographique. Il s’agissait d’identifier les facteurs qui soutiennent des trajectoires agroécologiques adaptées à des contextes locaux. Pour ce faire, nous avons mené une immersion de 12 mois en 2025 sur le site atelier de Pleine-Fougères de la Zone Atelier Armorique (Ile et Vilaine) marqué par un gradient paysager, ce qui en fait un terrain privilégié pour observer différentes pratiques et stratégies d’adaptation. Les discours et pratiques saisis à l’échelle individuelle ont fait émerger trois profils-types contrastés qui seront présentés au cours de cette séance.

  1. Réfléchir à l’évolution de la transhumance et à ses enjeux territoriaux face aux changements socio-environnementaux – Edwige MARTY (Post-doctorante sur le programme Belmont Forum CCH Pasture adaptation, UMR Ladyss) et Anne SOURDRIL (Chercheuse, chargée de recherche CNRS, UMR Ladyss)

Depuis 2023, la transhumance est reconnue par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel. En Soule/Xiberoa (Pays basque, Pyrénées-Atlantiques, France), elle a longtemps permis le maintien d’élevages de petite taille grâce à l’utilisation de pâtures de montagne gérées en collectif, ce qui libère des hectares en vallée pour faire des foins pour l’hiver et a façonné des paysages uniques au cours du temps. Mais depuis les années 90, d’importants changements socio-environnementaux sont en cours. En m’appuyant sur les enquêtes réalisées dans le cadre du projet « Atténuation et adaptation dans les paysages culturels : Leçons tirées des systèmes pastoraux transhumants pour la gestion des nouveaux risques climatiques », je propose de réfléchir à l’évolution de la transhumance et à ses enjeux territoriaux face à plusieurs facteurs de stress en Soule/Xiberoa. Sur la base d’observations participantes et d’entretiens qualitatifs, j’interroge l’évolution de la place de la transhumance dans le socio-écosystème pastoral souletin. Je m’intéresse particulièrement à la façon dont la place de la transhumance est réfléchie par les éleveurs et comment les pratiques de transhumance évoluent face aux facteurs de changement actuels : manque de main-d’œuvre, agrandissements des exploitations, installations de néo-ruraux, crises sanitaires, changements climatiques, politiques et dans les attentes sociétales.

  1. Diffusion du film documentaire « Lieu-dit » (durée : 28 mns) – Margot DONKERVOORT (réalisatrice et productrice) et Anne SOURDRIL (Chercheuse, chargée de recherche CNRS, UMR Ladyss)

Les villages des campagnes françaises de moins de 2000 habitants, et notamment du site Vallées et Coteaux de Gascogne de la Zone Atelier PYGAR du CNRS dans le Sud-ouest de la France, font actuellement l’objet d’une réorganisation de leurs modalités d’adressage sous le coup de la loi 3DS (2022). Suite aux incitations des gouvernements à l’échelle nationale ou régionale et aux besoins accrus de géolocalisation (transition numérique, facilitation des interventions des services de secours ou de livraison) l’attribution de numéros et de noms de rue se généralise dans cette région, parfois au détriment de noms de « lieux dits » principalement d’origine occitane. Dans le cadre de notre film “Lieu dit” nous posons la question des conséquences des modifications de ces toponymes sur l’organisation territoriale des sociétés locales, mais aussi sur la mémoire des lieux – ces noms étant localement signifiants, marqueurs de la hiérarchie locale et des facettes de paysage. “Lieu dit” relate les résultats d’une enquête ethnographique et d’un travail de recueil et de dépouillement des archives cadastrales menés entre 2023 et 2024 par une équipe pluridisciplinaire (anthropologie, géographie, archéologie, écologie) et nous donne l’occasion d’interroger les mutations d’une zone rurale et ce qui se joue au travers de la requalification des lieux : comment nommer, surnommer, renommer et connaître les lieux permet de faire, défaire, refaire la société locale ?

  1. Discussion collective autour de ces deux présentations et de la projection de ce film

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Jeudi 19 février 2026, Université Paris Cité, Bâtiment Olympe de Gouges – Salle M19

1770991200

Vendredi 13 février 2026 de 14h à 17h, Centre Panthéon-Sorbonne, Salle 6

1770318000

Jeudi 05 février 2026, à 19h00, Micadanses-Paris / Festival Faits d’hiver, 20 rue Geoffroy-l’Asnier, 75004 Paris

1769608800

Mercredi 28 janvier 2026, 14h-17h, Salle 316, Institut de Géographie de Paris, 191 Rue Saint-Jacques, Paris 5e