Martin Giordano

Année de première inscription : 2025

Géographie

Directrice de thèse : Nathalie Lemarchand

Co-directeur de thèse : Denis Chartier

MOTS-CLÉS

vin nature, alternatives, environnement, politique, consommation, sensible, urbain, rural


TITRE DE LA THÈSE

Le vin nature de la vigne au verre : écologies d’une pratique alimentaire alternative à l’épreuve de la normalisation


RÉSUMÉ DE LA THÈSE

Je travaille sur le vin nature dans une approche de géographie politique de l’environnement et de géographie culturelle de l’alimentation.
J’étudie à travers cet exemple la constitution des pratiques et cultures alimentaires dites “alternatives”, en m’intéressant à la filière dans son entièreté, de la production jusqu’à la commercialisation / consommation. À travers l’étude des itinéraires matériel et symbolique du vin nature, je cherche à observer la circulation sociospatiale des systèmes de valeurs associés au vin nature, où s’articulent des considérations explicitement politiques avec d’autres plutôt issues des registres sociotechniques, esthétiques ou sensibles. 


Au cœur de ce travail se trouve notamment l’idée de plus en plus répandue que le vin nature serait en train de se “normaliser” au fur et à mesure qu’il se démocratise. De moins en moins déviant et revendicatif, il s’éloignerait de ses racines critiques et militantes pour s’hybrider, de gré ou de force, avec le système conventionnel. Comme pour d’autres systèmes alimentaires alternatifs avant lui, il s’agit donc d’interroger la reconfiguration actuelle des stratégies et positionnements idéologiques associés au vin nature, suite à sa large diffusion et démocratisation au cours des deux dernières décennies. Ce travail cherche à proposer une grille d’analyse permettant de dépasser les affrontements souvent réducteurs entre l’alternatif et le dominant (ou mainstream) en considérant les sphères de production et de consommation du vin nature comme des écosystèmes complexes où interagissent humains (vigneron·nes, consommateur·rices, intermédiaires) et non-humains (végétaux, animaux, microorganismes de fermentation, contaminants), le tout au sein d’un système marchand fixant le contexte de cette relation.