Associée au LADYSS
Docteure en géographie – Géopolitique et géoéconomie du numérique
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne École doctorale de géographie de Paris
2026 : Doctorat en géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
2007 : Master ingénierie financière & fiscale, ESCP Business School. Mémoire : « Les fusions et acquisitions et la création de valeur », dirigé par Philippe Raimbourg (Professeur de Finance à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
2003 : Master marketing & communication, ESCP Business School.
Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) – Auditrice, promotion 2010-2011. Formation sélective d’un an sur les enjeux de défense nationale, de géopolitique et de sécurité internationale. Réseau transversal réunissant hauts fonctionnaires, militaires, dirigeants et universitaires.
Pierre Beckouche – Professeur Émérite Paris 1
Intégration régionale et gouvernance du numérique et de l’IA : politiques publiques numériques et coopération euro-méditerranéenne ; régulation, infrastructures et développement des compétences à l’ère de l’intelligence artificielle.
Géoéconomie du numérique et de l’IA, mesure du développement numérique et des dépendances: construction d’indices et d’indicateurs (indice de développement et indice de dépendance numérique) pour évaluer la dépendance aux écosystèmes technologiques américain et chinois et les marges d’autonomie stratégique ; fractures Nord-Sud et trajectoires économiques régionales.
Flux numériques, plateformes et mobilités professionnelles : circulations de compétences et réseaux professionnels structurés par les plateformes algorithmiques ; netnographie et transformations territoriales dans l’espace euro-méditerranéen.
Intelligence artificielle, infrastructures et rapports de puissance : enjeux géopolitiques de l’IA, du cloud et des infrastructures numériques ; bipolarisation sino-américaine, souveraineté technologique et équilibres internationaux.
Mots clés en français : Euro-Méditerranée, intégration régionale, numérique, digital, LinkedIn, marché du travail des cadres, mobilité professionnelle, réseaux sociaux, intelligence artificielle
Mots clés en anglais : Euro-Mediterranean, regional integration, digital, LinkedIn, executive job market, professional mobility, social networks, artificial intelligence
Europe : politiques numériques, intégration régionale, souveraineté technologique.
Bassin méditerranéen (Nord/Sud) : flux de compétences, coopération numérique, inégalités de développement, mobilités professionnelles, infrastructures technologiques, avec un focus sur les relations Nord–Sud et les dynamiques numériques régionales
Analyse globale : géopolitique des plateformes et infrastructures numériques mondiales.
géographie politique et géopolitique ; géographie économique et géoéconomie ; géographie du numérique ; géographie régionale ; études aréales ; géographie de la mondialisation ; relations internationales.
Spécialiste de la géopolitique du numérique, je mène des recherches portant sur les recompositions géopolitiques et territoriales liées au numérique et à l’intelligence artificielle. Je développe une approche interdisciplinaire fondée sur l’analyse des politiques publiques technologiques, l’exploitation de traces numériques et la construction d’indicateurs socio-économiques dans le numérique. Mes travaux s’intéressent particulièrement à la souveraineté technologique, à la régulation du numérique, aux données comme ressource stratégique, avec une attention particulière portée aux effets territoriaux des inégalités numériques entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.
Enseignements universitaires 2025-2026
Géographie de la mondialisation (L2) | Université Paris Nanterre
Conception et animation d’un cours de géographie de la mondialisation. Le cours retrace les grandes étapes par lesquelles la géographie s’est saisie de la mondialisation comme objet d’analyse : de l’approche économiste des années 1980-1990, marquée par l’hégémonie conceptuelle des économistes anglo-saxons et les premiers travaux de l’école française (Dollfus, système-monde), à l’approche critique et territorialisée des années 1990-2000, qui intègre les dynamiques centre/périphérie, les inégalités spatiales et les débats sur la périodisation du processus (Lévy, Grataloup, Carroué). Il aborde ensuite les lectures géoéconomiques et géopolitiques contemporaines – instabilité structurelle du système mondial, fabrique des inégalités, montée des enjeux maritimes et environnementaux – avant de développer une quatrième dimension originale consacrée à la mondialisation numérique et à l’intelligence artificielle. Cette dernière séquence analyse le triptyque données/calcul/normes, la plateformisation de l’économie mondiale (GAFAM/BATX), la géopolitique des infrastructures numériques (câbles sous-marins, data centers, points d’échange Internet) et les enjeux de souveraineté technologique et de fracture numérique Nord-Sud. Sur le plan méthodologique, le cours mobilise cartographie, analyse d’acteurs et articulation des échelles locale, régionale et mondiale.
Aires économiques et culturelles (L2) | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Animation d’un cours semestriel proposant une déconstruction critique de la notion d’aire culturelle à partir de ses fondements anthropologiques et géographiques : polysémie du concept de culture, opposition entre approches essentialistes et approches dynamiques, enjeux du culturalisme et de l’ethnocentrisme. Il examine ensuite les formes contemporaines de recomposition des aires culturelles à travers les circulations, les réseaux transnationaux et les phénomènes de diaspora, en dialogue avec les notions de mondialisation, de soft power et de transferts culturels. Les études de cas mobilisées permettent d’interroger la tension entre logiques d’homogénéisation culturelle et résistances des identités locales. Sur le plan méthodologique, l’accent est mis sur la construction d’une problématique, l’exploitation de corpus documentaires et la production cartographique à partir de sources scientifiques.
Formation des maîtres en histoire : projet en géographie numérique (L3) | Université Paris Nanterre
Conception et animation d’un cours portant sur les interactions entre dynamiques culturelles mondiales et essor des technologies numériques, structuré autour de trois axes : circulations, diasporas et territoires numériques (e-diasporas) ; géographie des infrastructures internet et rapports de pouvoir (câbles sous-marins, Big Tech, souveraineté numérique, exemple du Runet) ; reconfigurations des aires culturelles à l’ère numérique (biais culturels et linguistiques des LLM, sous-représentation des langues africaines et minoritaires, enjeux de néocolonialisme numérique). Encadrement d’un travail de recherche en groupes sur la question suivante : la révolution numérique renforce-t-elle l’intégration euro-méditerranéenne ou en révèle-t-elle les fragilités ? Approche fondée sur trois piliers (politique, socio-économique, flux et infrastructures), replacés dans le contexte géopolitique des grandes puissances technologiques (États-Unis, Chine). Production attendue : dossier d’analyse (10-15 pages), carte synthétique des flux numériques et présentation orale.
Intervention invitée : « Les enjeux de la coopération régionale méditerranéenne dans l’intelligence artificielle », Forum méditerranéen de l’Intelligence Artificielle, Délégation interministérielle à la Méditerranée, parrainé par Cédric Villani, 2024.
Communication retenue après évaluation par le comité scientifique : « LinkedIn comme infrastructure géonumérique : cartographier les mobilités qualifiées et les rapports de pouvoir des pays euro-méditerranéens », colloque Géonumérisation du Monde : infrastructures, pratiques et enjeux politiques, MSH Bordeaux, 6-8 octobre 2026.
La révolution numérique favorise-t-elle l’intégration régionale euro-méditerranéenne ?
TITRE EN ANGLAIS : DOES THE DIGITAL REVOLUTION PROMOTE EURO-MEDITERRANEAN REGIONAL INTEGRATION?
Membres du jury : Yann RICHARD, Professeur des universités Paris 1 (président) ; Emmanuelle BOULINEAU, Professeure des universités École normale supérieure de Lyon (rapporteuse) ; Amaël CATTARUZZA, Professeur des universités, Institut Français de Géopolitique, Université Paris 8 (rapporteur) ; Kevin LIMONIER, Professeur des universités, Institut Français de Géopolitique, Université Paris 8 (examinateur). Soutenue le 12 janvier 2026.
RÉSUMÉ EN FRANÇAIS : Cette thèse s’inscrit dans le registre des travaux consacrés aux régions. Elle porte sur la contribution du digital dans l’intégration régionale euro-méditerranéenne. La difficile modernisation économique au Sud pourrait laisser penser que le digital risque d’accentuer l’écart Nord-Sud. L’hypothèse de cette thèse est pourtant contraire, car la révolution numérique ouvre une période de grands changements, économiques, sociaux, mais également géographiques. L’objectif est de déterminer si la digitalisation tend à faire progresser ou à faire régresser l’intégration euro-méditerranéenne. Comment le démontrer ? Pour mesurer la convergence ou la divergence des deux rives de la Méditerranée, cette thèse mobilise les indices composites élaborés par des organisations internationales ou des entreprises du numérique. Ces indices présentent des limites ; c’est la raison pour laquelle elle propose un nouvel indice, l’Indice de la société de l’information. Elle analyse ensuite le marché du travail euro-méditerranéen des cadres, dont la mobilité professionnelle joue un rôle clé pour l’intégration régionale. Elle examine dans quelle mesure un instrument tel que LinkedIn peut contribuer à l’analyse du marché du travail transméditerranéen des cadres. Les résultats montrent que la digitalisation des sociétés du Sud varie selon les pays, mais, globalement, l’écart avec le Nord est faible et tend à se réduire, comparé aux (forts) écarts socioéconomiques. Pour autant, ce résultat ne confirme pas l’existence d’une intégration euro-méditerranéenne, ce que montrent les trajectoires professionnelles des cadres sur LinkedIn en fonction du pays d’origine et du pays de destination. De surcroît, l’idée d’intégration régionale euro-méditerranéenne ressort fragilisée des deux dernières années, pendant lesquelles l’intelligence artificielle a connu une explosion d’une force inattendue.
RÉSUMÉ EN ANGLAIS : This thesis is part of a series of works devoted to regions. It focuses on digital technology’s contribution to Euro-Mediterranean regional integration. The difficult economic modernization in the South could suggest that digital technology risks widening the North–South divide. However, the hypothesis of this thesis is contrary to this, as the digital revolution is ushering in a period of major economic, social and geographical change. Hence, the objective is to determine whether digitalization tends to advance or hinder this Euro-Mediterranean integration. How can this be demonstrated? To measure the convergence or divergence of the two shores of the Mediterranean, this thesis uses composite indices developed by international organizations and digital companies. These indices have limitations, which is why this thesis proposes a new index, the Information Society Index. Then, the thesis analyses the Euro-Mediterranean executive labor market, where professional mobility plays a key role in regional integration. It examines the extent to which a tool such as LinkedIn can contribute to the analysis of the trans-Mediterranean executive labor market. The results demonstrate that the digitization of societies in the South varies from country to country, but overall, the gap with the North is small and tends to narrow, compared to the (significant) socioeconomic gaps. However, this result does not confirm the existence of Euro-Mediterranean integration, as demonstrated by the different career paths of executives on LinkedIn depending on their country of origin and destination. Furthermore, the idea of Euro-Mediterranean regional integration has been weakened over the last two years, during which artificial intelligence has experienced an explosion of unexpected force.
Méthodes : Analyse indices, réseaux socio-professionnels numériques, lexicométrie ; Méthodes qualitatives, analyse de contenu, entretiens ; Humanités numériques : gestion bibliographique, identité numérique, dépôts HAL, infrastructures numériques de recherche ; Construction de bases de données (mobilités, compétences).
Techniques : Zotero, Excel, InDesign, Photoshop ; Communication publique et académique ; Compréhension avancée des régulations numériques (protection des données, IA Act, intégrité scientifique MOOC Université de Bordeaux).
Langues : Français (maternelle), anglais (courant), arabe (courant).
Article publié dans une revue à comité de lecture
MAALOUF Rita, 2025. « Intégration régionale euro-méditerranéenne : mobilité professionnelle des cadres sur LinkedIn ». Annales de géographie [En ligne], n° 761, p. 86-112. DOI : https://doi.org/10.3917/ag.761.0086 ; https://hal.science/hal-05023509
Article publié dans une revue scientifique (rubrique Repères, évaluation par le comité de rédaction)
MAALOUF Rita, 2026. « Le numérique est global, peut-il être régional ? Interroger la convergence numérique Nord-Sud en Méditerranée ». Terminal (Technologie de l’information, culture & société) [En ligne], n° 142. DOI : https://doi.org/10.4000/16ez6 ; http://journals.openedition.org/terminal/12307
Articles en révision
MAALOUF Rita, 2026. « Mesurer le développement numérique dans l’Euro-Méditerranée : enjeux méthodologiques et contrastes territoriaux », révision en cours, L’Espace géographique.
Articles de presse en géopolitique et sur le numérique (2023-2026)
« Liban-Israël, entre guerre et paix », entretien réalisé pour Politique Internationale, n°192, été 2026 – entretien sur les conditions d’une désescalade entre le Liban et Israël et les recompositions régionales au Moyen-Orient.
« IA : gauche radicale ou obscurantisme ? », Le Journal (2025) – examen critique des résistances politiques françaises face à l’intelligence artificielle et argumentation en faveur d’une régulation européenne évitant la dépendance numérique vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
« Souverainisme ? Oui, mais européen », Le Journal (2024) – plaidoyer pour un souverainisme à l’échelle européenne face aux défis géopolitiques, économiques et numériques contemporains : rivalités sino-américaines, défense commune et régulation de l’intelligence artificielle.
« Conflit en Ukraine : si tu veux la paix… », Le JDD (2024) – décryptage géopolitique du conflit russo-ukrainien et de ses implications pour l’ordre international.
« L’Europe en position de “pat” », Ici Beyrouth (2024) – mise en lumière de la vassalisation stratégique de l’Europe face aux rivalités sino-américaines et de l’absence d’autonomie européenne dans les domaines militaire, économique et technologique.
« Gaza : le devoir de l’Europe », Le Journal (2023) – réflexion sur la responsabilité politique européenne dans le conflit israélo-palestinien.
« Le nouveau Moyen-Âge », Ici Beyrouth (2023) – lecture des reconfigurations géopolitiques mondiales contemporaines : fin de la domination occidentale, montée des puissances alternatives et émergence d’un nouvel ordre international en transition.