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Meth’InTerE - Méthanisation, Innovations et Territoires Écologiques (IDEX Université de Paris)


 

Meth’InTerE - Méthanisation, Innovations et Territoires Écologiques

Financé par le Centre Politiques de la Terre

Date de début de projet : décalé pour cause de Covid (date à venir)
Date de fin de projet : décalé pour cause de Covid (date à venir)

Membres du Ladyss impliqués
Pascal Grouiez (Coord.)

Participants du projet extérieurs au laboratoire

Gwenaël Ruprich-Robert (Biologiste, Université Paris-Descartes (Université de Paris), LIED) (Coord.), Alexandre Berthe (Univ. Rennes, LIED P7), Sabina Issehnane (P7, LIED), Nicolas Delbart (P7, LIED) , Henry Rivas (P7, LIED), Florence Chapeland-Leclerc (P5, LIED), Sylvain Brun (P7, LIED), François Prevot (P7, IPGP), Pierre-Marie Aubert (IDDRI, Sciences Po), Jeanne Cadiou (IDDRI, Sciences Po, AgroParisTech)

Partenaires
LIED ; IDDRI, Sciences Po ; AgroParisTech

Résumé du projet
"La méthanisation constitue une nouvelle forme de production d’énergie renouvelable à partir de la décomposition de la biomasse en milieu anaérobie. Ce procédé industriel a d’abord connu un développement rapide en Allemagne où il a soulevé de nombreuses controverses liées au fait que les unités de méthanisation agricoles (UMA) étaient relativement homogènes ; elles utilisaient quasiment toutes de la culture dédiée (céréales) comme intrant pour le méthaniseur. La controverse principale portait sur le risque de voir la production d’énergie se substituer à celle de la production alimentaire. Malgré ces débats outre-Rhin, la méthanisation agricole connaît une croissance rapide en France depuis la fin des années 2000.
Le modèle français des UMA est relativement éloigné du modèle allemand puisqu’il s’est d’abord développé en tant qu’outil de valorisation de biodéchets (fumiers et lisiers), notamment du fait de la réglementation qui limite à 15% des intrants la possibilité d’utiliser de la culture dédiée. Les premières UMA françaises se sont en conséquence développées dans les filières d’élevage (Berthe et al., 2018).
Toutefois, les résultats d’une enquête nationale auprès de 50 UMA françaises que nous avons menée (projet d’une année financée par le ministère de l’agriculture en 2018, montre qu’elles sont aujourd’hui très diversifiées en termes de taille, d’intrants utilisés, d’investisseurs impliqués dans les projets, etc. (Grouiez et al., 2020). Plus précisément, les UMA se placent sur un continuum entre deux modèles distincts. D’une part, des UMA ne dépassant pas le 300 KWe et dont l’intrant est principalement constitué de fumiers et lisiers fournis par des éleveurs. D’autre part, des UMA de taille plus importante (de 300 KWe à 3 GWe), portées par des céréaliers utilisant une diversité d’intrants (fumier et lisier, cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), menue-paille, déchets du secteur agro-industriel, etc.).
Chacun des deux modèles présente des forces et des faiblesses. Le modèle de la petite et moyenne UMA principalement portée par des éleveurs bénéficie d’une meilleure acceptabilité sociale et repose sur une autonomie en intrants qui la rend peu sensible aux fluctuations du marché de la biomasse. Toutefois, la fragilité économique de la filière de l’élevage rend le modèle particulièrement sensible aux conditions d’accès aux subventions publiques tant pour l’investissement qu’en ce qui concerne le tarif de rachat de l’énergie produite (électricité ou gaz). Le modèle de l’UMA céréalière multi-intrants bénéficie d’une meilleure solidité financière, ce qui le rend moins sensible aux politiques de subvention à l’investissement. En revanche, il souffre bien davantage du risque de fluctuation du prix de la biomasse à vocation énergétique car son autonomie en intrants est plus faible.
Ainsi, le futur des modèles d’UMA soulève aujourd’hui des interrogations tant du fait d’une plus grande volatilité des prix sur la marché de la biomasse que du fait de la fin programmée des subventions à l’investissement et des tarifs de rachat. Par ailleurs, ces modèles interrogent la capacité de la méthanisation à s’inscrire dans une agriculture moins gourmande en engrais, engagée dans une démarche agroécologique et visant le bien-être des travailleurs agricoles et le développement des territoires ruraux. Enfin, ces deux chemins distincts d’évolution de la méthanisation interrogent plus largement les modes de déplacements individuels de demain puisqu’ils pourraient tous deux contribuer au développement de la voiture électrique ou de la voiture à hydrogène, enjeux sur lesquels des acteurs tels qu’EDF ou GRDF (du côté de l’énergie) et Renault ou Peugeot (du côté des modes de transport) cherchent à se positionner.
Dans ce contexte, le projet Meth’InTerE, de nature interdisciplinaire, propose d’associer des chercheurs issus des sciences sociales (économie, géographie et sciences politiques) et des sciences expérimentales (biologie et chimie) appartenant aux diverses institutions fondatrices de l’Université de Paris (Paris 5, Paris 7, l’IPGP, l’IDDRI [Sciences Po]). L’objectif du projet est de nous engager dans une démarche interdisciplinaire afin d’identifier les leviers technologiques, économiques, géographiques et politiques à activer pour proposer des solutions innovantes aux difficultés aujourd’hui rencontrées par les modèles de méthanisation française.
Nous proposons de mener trois opérations complémentaires.
L’opération 1 (volet sciences sociales) a pour objectif d’affiner notre compréhension de la diversité des formes d’UMA, de leur insertion dans les filières énergétiques et de leurs dépendances aux financements / politiques publiques, afin de rendre compte des orientations futures possibles des UMA dans le contexte d’un marché mouvant et face à des enjeux environnementaux complexes (changement climatique, santé des sols, biodiversité, etc.). Nous programmons la réalisation d’entretiens semi-directifs auprès d’agriculteurs, d’acteurs de la filière et d’acteurs des politiques publiques (nationales et territoriales), associées à des études basées sur la télédétection, opération 2 (volet sciences expérimentales). L’opération 3 s’inscrit dans une logique prospective en définissant divers scénarios d’évolution de la méthanisation à partir des résultats des opérations 1 et 2.

Publications

A venir.




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