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Colloque "La patrimonialisation de l’urbain - Septième rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine"

5 au 7 octobre 2011


- Lieu :
Université de Bretagne occidentale, Faculté des Sciences et Techniques, Amphithéâtre F
6 avenue Le Gorgeu
29238 Brest

Attribuée par Françoise Choay à Gustavo Giovannoni (Vecchie città ed edilizia nuova ou L’urbanisme face aux villes anciennes, 1931), l’invention du patrimoine urbain a longtemps permis de répondre à une quête double, scientifique et professionnelle. C’est ainsi que la pensée du patrimoine a progressivement épousé l’échelle des études territoriales, notamment consacrées par la Charte de Venise en 1964. L’historiographie du patrimoine, depuis, observe le délaissement des approches limitées aux objets, au bénéfice d’une considération pour les rapports spatiaux et humains qui, tout autour du monument, font l’urbain. Ainsi, les objectifs des diverses lois sur les secteurs sauvegardés, les arrondissements historiques et leurs épigones se trouvent validés par la connaissance scientifique.

Par-delà les tensions entre progrès et mémoire ou entre modernité et préservation qu’implique l’union conceptuelle de la ville et du patrimoine, la notion de patrimoine urbain recouvre un moment épistémologique qui dépasse la simple conciliation entre le vocabulaire et les pratiques respectives de l’institution des monuments historiques, d’une part, de l’urbanisme, d’autre part. En effet, il semble que les relations entre urbanité et patrimoine (ou urbain et patrimonial, urbs et patrimonialité) se soient intensifiées et complexifiées dans le temps. Le « patrimoine urbain » s’affirme ainsi comme une catégorie du savoir autant que comme une désignation performative. Mais s’il transforme ce qu’il touche, le patrimoine urbain peut-il doter d’urbanité ce qui n’en possédait pas ? Dans les villages, les banlieues et les campagnes, le patrimoine pourrait-il d’ailleurs faire office de symbole de ville ? Qualifier l’urbain ? Le « patrimoine naturel » qui parsème de biodiversité les « trames vertes et bleues » des plans d’aménagement est-il moins urbain ? L’extension et la densification du patrimoine urbain incitent aussi à interroger sa position parmi d’autres phénomènes. Si certaines manifestations s’avèrent apparemment exclusives au patrimoine urbain – le patrimoine de proximité par exemple –, peut-on parler d’une spécificité de la patrimonialité urbaine ? Et qu’en est-il de l’urbanité patrimoniale ?

À travers la notion de patrimoine urbain, cette Septième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine veut interroger les relations historiques et contemporaines, harmoniques ou dysphoriques, entre le patrimoine et la ville en tant qu’objet doté de sens. En considérant la question sous l’angle des mécanismes ou des phénomènes de patrimonialisation, nous proposons d’explorer par diverses études de cas la constitution épistémologique ou sémantique du patrimoine urbain. Mais nous souhaitons aussi cerner les enjeux – qu’ils ressortissent au symbolique ou à l’action – que ce patrimoine représente dans les divers territoires et échelles de ses manifestations. Le patrimoine urbain et son corollaire, la ville patrimoniale, appellent-ils une manière ou une pensée particulière de patrimonialisation ? Existe-t-il des dispositifs sociaux, économiques ou culturels spécifiques au patrimoine urbain ? Dès lors que s’atomise la nation, qui articulait l’institution et la conception du patrimoine, au profit de territoires de référence tantôt réduits au « petit monde qui nous entoure », tantôt étendus à l’universel et à l’humanité, quel destin envisager pour le patrimoine urbain et ses constituantes ? Tandis que nos conceptions patrimoniales font la belle part au citoyen, aux pratiques, voire à l’immatériel, quel rôle tiennent les espaces de la ville, son habitat, ses habitants ? Quels ont été et quels sont les critères et les valeurs de la patrimonialisation urbaine ? Le patrimoine urbain est-il une marque de civilité ? Est-il plus artificiel que le patrimoine naturel ? Enfin, comment, sur le plan des acteurs, des mécanismes ou des objets, se situent respectivement ce qu’il conviendrait d’appeler le « patrimoine de ville » et le « patrimoine des champs » ?

Ce colloque international aura lieu du 5 au 7 octobre 2011 à l’Institut de Géoarchitecture de l’Université de Bretagne occidentale. Sauf avis contraire, les activités se dérouleront à la faculté des Sciences et Techniques, Amphithéâtre F, 6 avenue Le Gorgeu à Brest.

- Pour plus d’informations, cliquer ici.




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