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Appel à contribution pour la revue Méditerranée : « Les grands incendies en Méditerranée : Quelle réponse aux désastres environnementaux ? »

Avant juin 2013


Une année habituelle : sous la chaleur étouffante de l’été méditerranéen, badauds et touristes assistent avec indifférence au ballet des forces d’intervention chargées de stopper l’avancée de feux de forêt ordinaires. La même scène se déroule tous les ans. De vastes étendues de végétation sont réduites en cendres, des paysages entiers disparaissent. Pourquoi s’en faire ? L’année prochaine, un nouvel écosystème renaîtra en remplacement du précédent, à moins qu’un autre incendie ne vienne aggraver les dégâts. Bien sûr, quelques campings peuvent être endommagés, mais cela cache certainement quelque irrégularité de construction ou une erreur d’urbanisme. Les incendies font partie intégrante du paysage méditerranéen. Il n’y a pas de catastrophe, que des incidents routiniers. Les gardes forestiers géreront la situation…

Une année noire : 2000 et 2007 figurent parmi les pires dates que les habitants du pourtour méditerranéen gardent en souvenir. Pendant que des millions de touristes se prélassent sur les plages de la grande bleue, des régions entières sont happées par les flammes. Des incendies gigantesques se répandent en France, Grèce, Croatie, Italie, Espagne, Turquie et Algérie. Ils emportent ou endommagent des centaines de maisons, viennent tutoyer les faubourgs des grandes capitales. L’attaque est violente. Le danger n’est plus circonscrit à des espaces éloignés. Les télévisions du monde entier découvrent le visage effrayé des riverains, tandis que des dizaines de victimes humaines sont à déplorer. La catastrophe n’est plus un concept, elle est devenue réalité. L’anarchie des constructions, l’inaction des autorités politiques, la mauvaise gestion des ressources forestières et un aménagement déficient sont immédiatement dénoncés. Le discours géographique et les questions environnementales font irruption dans les conversations courantes et le public découvre leurs applications concrètes. Ces événements sont-ils exceptionnels ? Les épisodes tout aussi sombres de 2009 et 2010 tendent à démontrer le contraire. Les grands incendies deviennent des phénomènes réguliers, toujours plus menaçants, qui questionnent directement nos modes d’occupation de l’espace et notre rapport à l’environnement « naturel » immédiat.

Le vol.124 de Méditerranée est consacré aux incendies catastrophiques qui ont jalonné l’histoire du bassin méditerranéen au cours de la dernière décennie, avec une attention particulière portée à l’interface ville-forêt. Au-delà du nécessaire diagnostic territorial et de la mesure des dégâts occasionnés, les contributeurs sont invités à s’interroger à l’amont sur les conditions d’apparition de ces incendies (les « désordres » préalables) et, à l’aval, sur les effets spatiaux et sociaux induits par ces événements.

La vulnérabilité des installations humaines sera observée sous l’angle des politiques d’aménagement du territoire et/ou de l’absence de telles politiques. Derrière l’opposition consacrée entre associations de protection de l’environnement et autorités politico-économiques, les auteurs s’interrogeront sur les luttes de pouvoir sous-jacentes et décortiqueront les différents conflits d’usage du sol.

Ce volume ne porte pas sur l’étude des changements climatiques qui permettent l’apparition et la propagation à grande échelle des incendies. La vulnérabilité de l’environnement méditerranéen sera également considérée comme un phénomène connu qu’il n’est pas besoin de démontrer.

Une question générale sera mise au centre de la réflexion : les « grandes catastrophes » sont-elles indispensables pour rendre obligatoire la révision des politiques d’aménagement et susciter des réformes législatives d’ampleur ? Autrement dit, les désastres sont-ils le seul moyen de remettre en cause des « ordonnancements » territoriaux, à l’instar des crises dans le domaine économique ? Les administrations et les acteurs territoriaux sont-ils condamnés à l’échec permanent ? De toute évidence, de nombreux plans de prévention doivent être revus. Comment seront-ils modifiés ?

Comme toujours, Méditerranée accepte les contributions d’auteurs issus de disciplines scientifiques diverses : géographie, foresterie, sciences politiques, aménagement urbain et rural, économie. De l’étude localisée aux travaux couvrant l’ensemble du domaine méditerranéen, toutes les échelles d’analyse sont acceptées. Une attention particulière sera accordée à la production cartographique.

Afin de compléter le thème par une approche comparée, nous sollicitons également la soumission de textes qui traitent des grands incendies survenus en Russie en 2010, en Australie en 2009 et en Californie en 2007.

Pour toute information et soumission, merci de contacter :

- Régis Darques, CNRS-Université Montpellier III, France : regis.darques@univ-montp3.fr

- Georges Sidiropoulos, Université de l’Egée, Grèce : geos@aegean.gr

- Cristina Montiel, Université Complutense de Madrid, Espagne : crismont@ghis.ucm.es

Et/ou de visiter le site http://mediterranee.revues.org

- Pour plus d’informations, cliquer ici.




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